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Les Chroniques de Daïra [?] - Tome 1 [Fantasy] [Elyan]

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Elyan
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MessageSujet: Les Chroniques de Daïra [?] - Tome 1 [Fantasy] [Elyan]   Jeu 10 Juil - 21:35

CHAPITRE 1
La vie est trop courte …



Elle ouvrit brusquement les yeux, comme lorsque un bruit nous réveille. Le soleil l’éblouit et elle referma les yeux en prenant le temps de se réveiller. Elle se sentait barbouillée et anxieuse sans en comprendre la raison. Elle se leva et sortit péniblement de son lit. Un regard à son réveil lui fit comprendre que c’était la radio qui l’avait réveillée. D’un pas encore endormi, elle se dirigea vers sa garde-robe et prit le nécessaire pour se préparer à une journée de cours. Une fois sous la douche et que les brumes du sommeil s’étaient évaporées avec la vapeur de l’eau chaude coulant sur sa peau, elle prit conscience que le sentiment d’anxiété qui lui avait saisi l’estomac au réveil n’était pas dissipé. Elle essaya de se rappeler son rêve mais comme à chaque fois qu’elle se trouvait dans une situation similaire, elle n’arrivait plus à se souvenir. Elle préféra prendre ça comme les restes d’un rêve angoissant et de ne pas s’en tracasser.
Son pressentiment persista toute la journée au point que son visage était marqué par le soucis. Quand ses amis la questionnait, elle répondait de manière évasive qu’elle avait mal dormi. A la fin de la journée, elle prit conscience que c’était une discussion qu’elle avait eue avec sa mère qu’il l’avait angoissée durant toute la journée. Celle-ci s’était montrée à la fois bavarde et mystérieuse en lui parlant de tout et de rien, ne s’arrêtant que pour respirer mais en même temps, elle ne lui dit pas grand chose la concernant. Vivre loin de sa famille durant la semaine lui donnait l’impression de voir ses parents vieillir à vue d’œil. C’était d’ailleurs son observation à ce sujet qui avait déclenché la machine infernale qu’était la bouche de sa mère. Elle avait éclaté de rire en lui disant qu’elle était « charmante » et « observatrice », le tout ponctué d’ironie. Au final, sa mère n’avait pas répondu à la question implicite de sa fille qui s’inquiétait de savoir si tout allait bien. Ses parents s’étaient contentés de plaisanter et de la questionner sur ses études. C’était à son tour d’être évasive : elle aimait ses études, les trouvait intéressantes mais avait l’impression que toute cette vie était en décalage avec elle, que tout ça ne la concernait pas. Comment pouvait-elle justifier ça à ses parents, leurs confier ses inquiétudes sans que cela vire à une conversation fatigante et vaine ? Elle avait préféré résumé le tout à un « Ce n’est pas facile, mais je m’accroche » qui satisfit ses parents, et elle aussi par la même occasion.
Elle rentra chez elle et vit son répondeur clignoter. Son estomac se serra, son pressentiment qu’une catastrophe imminente l’attendait toujours présent. Elle l’écouta et le message ne se révéla n’être qu’une amie lui demandant des notes d’un cours que cette dernière s’abstenait de suivre depuis quelques semaines. Soulagée, Meghann laissa échapper un soupir avant de se diriger directement vers la cuisine, et déposa son téléphone portable sur l’appui de fenêtre. Elle alluma la télé pour lui tenir compagnie et se prépara des pâtes – la journée de cours avait été fatigante – en répondant au question du quiz que le présentateur soumettait à la candidate. Son train-train fut rompu par une sonnerie tonitruante émanant de son portable, qu’elle saisit aussitôt et décrocha sans avoir eu le temps d’identifier le numéro d’appel :
- Allô ?
- Bonsoir, puis-je parler à Meghann Léonard s’il vous plait ? dit une voix grave et solennelle.
- C’est elle-même, à qui ais-je l’honneur ?
- Commissaire Lapointe Mademoiselle, nous nous sommes déjà rencontrés.
Meghann prit une inspiration et essaya de calmer les battements de son cœur. Elle avait en effet déjà rencontré le commissaire qui l’avait interrogée dans une affaire de voisinage il y a quelques semaines. Ses parents auraient « fait beaucoup de bruits durant la nuit, tels des diables chantant une incantation pour réveiller les morts » selon la bonne vieille grand-mère qui habitait deux maisons plus loin. Tout le monde la savait sourde et un peu folle, et on soupçonnait plutôt son petit fils de lui avoir raconté un petit mensonge pour s’en sortir plus facilement. Plongée dans ses réflexions, elle en oublia presque le commissaire qui se manifesta d’un toussotement discret.
- Pardon commissaire, que puis-je faire pour vous ?
- Je suis vraiment désolé de le faire de cette manière, mais j’ai une funeste nouvelle à vous annoncer …
Il laissa sa phrase en suspens et la jeune femme sentit son estomac se contracter d’avantage et un haut le cœur la fit grimacer. Après quelques secondes de silence, elle parvint à parler d’une voix blanche.
- Que voulez-vous dire ?
- Vos parents ont pris la voiture hier soir et sur le retour, avec la route glissante ils ont … dérapés. Ils sont tombés dans un ravin et … en sont morts.
La respiration de Meghann s’emballa, elle commençait une crise d’hyper ventilation. Au prix d’un effort de volonté immense, elle essaya de reprendre le contrôle de son corps. Ses yeux se gonflèrent aussitôt de larmes mais c’est d’une voix ferme qu’elle reprit la conversation.
- Et quand pourrons-nous les … enterrer ?
- C’est le petit problème, justement, reprit le commissaire d’une voix embarrassée. Il n’y a plus de corps. La voiture a explosé et il ne reste plus rien.
- Bien. Je rentre tout de suite … pour la maison …
Elle hésita. Devait-elle rentrer ? Était-ce utile ? Elle se cherchait des excuses car rester seule ici lui aurait été insupportable, même si la solitude lui était souvent de bonne compagnie. Elle griffonna les coordonnées que lui communiqua le Commissaire, accepta les paroles de réconforts avant de raccrocher. Tel un automate, elle se dirigea aussitôt vers sa chambre pour prendre quelques affaires avant son départ.

Finalement, son pressentiment ce jour-là c’était avéré exact. Était-ce parce qu’elle avait perçu quelques choses chez ses parents qui l’avait inconsciemment alerté ? Elle se posait encore la question lorsqu’elle rangea les restes de l’enterrement organisé à la hâte. Elle aurait pu croire à un simple accident mais deux éléments la troublaient : le premier était qu’il n’avait pas plus cette nuit-là, elle en était presque sûre bien que quelques indices prouvent qu’ils avaient « dérapés ». L’autre élément était qu’une fois rentrée, elle avait trouvé sur son lit une boite en bois sculptée et ornée d’éléments de types hiéroglyphiques qui auraient fait frissonner d’envie n’importe quel amateur de fantasy. Lorsqu’elle l’avait ouvert, elle y avait découvert un magnifique pendentif en forme de rose des vents qui semblait avoir été réalisé en or blanc. Ce bijou, trop somptueux pour être un simple cadeau l’intrigua et la fascina. D’une beauté presque irréelle, il semblait à la fois refléter la lumière et l’aspirer pour la faire jaillir en divers rayons lumineux, un peu comme les diamants. Elle n’avait parlé à personne de ce pendentif mais le portait à son cou depuis ce jour-là en se demandant d’où il venait et qu’elle était la signification de ce mystère.
Elle se laissa tomber sur un fauteuil, les yeux perdus dans le vide. Être dans cette maison en sachant que ses parents n’y reviendraient plus était le plus douloureux à ses yeux. Ne plus entendre leur voix et leurs pas autour d’elle lui brisait le cœur. Elle sentit le pendentif froid sur sa peau moite et le sortit pour mieux l’observer. Elle avait tout d’abord cru qu’il représentait une rose des vents commune, mais il se révéla être un peu plus complexe que ça. Chaque branche de l’étoile était sculptée des mêmes hiéroglyphes qui ornaient la boite en bois et au cœur du pendentif brillait d’un métal bleu ce qui semblait être un sablier. Intriguée, elle alla chercher la boite et compara les hiéroglyphes. Ils étaient tous différents à quelques uns près, et elle n’en reconnut aucun et en conclut donc que ce n’étaient pas des hiéroglyphes égyptiens. Sachant bien qu’elle ne connaissait pas toutes les langues qui avaient existés et existaient, elle n’en était pas moins troublée par cette langue inconnue. Son imagination fertile échafauda des hypothèses loufoques mais elle les écarta rapidement en essayant de se concentrer sur le rationnel. Finalement, à court d’idées, elle remit le bijou contre sa peau et décida de l’oublier. Mais c’était sans compter l’avis du pendentif …

Quelques jours plus tard, alors qu’elle s’occupait seule de la tâche lourde d’organiser les affaires de ses défunts parents, elle fut confrontée à un fantôme. Pas au sens des revenants mais le fantôme d’une personne qu’elle croyait définitivement sortie de sa vie : son frère. A peine lui avait-elle ouvert la porte que son ancienne colère – celle d’avoir été abandonnée, d’avoir fait souffrir ses parents – remonta aussitôt. Son regard noir se posa sur lui, dans une volonté de se montrer inflexible.
- Je vois que ça te fait plaisir de me revoir, dit-il dans une tentative d’humour.
- Qu’est-ce que ça peut te faire ? cracha-t-elle.
- Laisse-moi rentrer Meg’, je dois te parler.
Son ton était ferme. Légèrement déstabilisée par ce visage sérieux, elle lui tourna le dos en cachant son trouble, invitation implicite à entrer.
- Et qu’est-ce qui peut être si important au point que tu daignes te montrer ?
- C’est au sujet des parents … commença-t-il.
Alors qu’il cherchait ses mots, sa sœur tourna brusquement les talons et lui fit face en le foudroyant du regard.
- Des parents ! Tu oses te montrer ici pour me parler d’eux, alors que tu n’étais même pas présent à leur enterrement ?!
- Écoute moi …
- Non, toi ! Écoute moi !
C’en était trop pour la jeune femme. Toute sa vieille colère remonta à la surface, mélangé à son stress et ses inquiétudes. Se retrouver face à une personne avec qui on avait partagé toute son enfance et une partie de son adolescence avait une légère tendance à déstabiliser les plus impitoyables. Surtout lorsque celui-ci semblait être passé par les mêmes épreuves que ses parents …
- Tu es parti il y a sept ans en nous abandonnant, papa, maman et moi ! Ils en ont pleuré pendant des semaines ! Et moi, tu as pensé à moi ? De petite sœur, je suis passée à fille unique en une nuit sans avoir été prévenue ! Tu es parti sans me demander mon avis !
Sa voix était passé dans les aiguë et elle criait sans s’en rendre compte. Son corps amplifiait sa colère, encore faible du chagrin que ressentait Meghann.
- Attends Meg’, ce n’est pas …
- NON !
Mais elle ne put continuer à crier sa colère car quelque chose venait de se produire. Elle n’aurait su le définir, elle avait surtout ressenti que quelque chose se passait. Sensation familière qui lui rappelait le pressentiment qu’elle avait ressenti quelques jours auparavant. Son corps semblait réagir à quelque chose et elle mit quelques secondes à comprendre que « ça » émanait du pendentif reçut. Elle le sortit de ses vêtements et le mit à la hauteur de ses yeux. Il brillait. Bouche bée, elle regarda alors son frère qui à sa grande surprise, semblait terrorisé mais en même temps … Elle n’eut pas le temps d’analyser d’avantage l’expression étrange qui avait traversé le visage de son frère car un éclair aveuglant illumina la pièce et aveugla Meg’ qui ne vit ni n’entendit plus rien.


______


[Pour les commentaires, merci de les faire ici en précisant l'histoire que vous commentez.]
_________________
Merci beaucoup Sempai Rikku <3



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